« Ces voitures n’intéressent plus personne » : quand des jeunes font mentir un consensus !

hace 1 día, 1 hora - 19 marzo 2026, gocar
« Ces voitures n’intéressent plus personne » : quand des jeunes font mentir un consensus !
« Qui va acheter ça, franchement ? » C’est le genre de phrase que l’on entend immanquablement lorsque l’on passe devant une voiture d’avant-guerre à vendre. Et pourtant, il semble que certains jeunes s’y intéressent…

Bon, soyons honnêtes : oui, le marché des voitures d’avant-guerre est globalement à la peine. Mais le fait que le marché s’effondre ne veut pas dire qu’il est mort ! Et ces prix en baisse pourraient bien être une aubaine pour de jeunes passionnés, en quête de quelque chose d’original et de très décalé…

Il y a quelques fondus sur les réseaux sociaux !

Ils sont souvent français, allemands ou anglais et ils vouent une passion pour ces voitures d’un autre âge que ni eux, ni leurs parents (voire leurs grands-parents) n’ont connues ! On les trouve parfois sur les réseaux sous les noms de Felix Godard, Jonny’s Garage ou encore Driving in the 30s. Ils se mettent en scène au volant de leur vénérable grand-mère, participent à des compétitions, partent en voyage, font des tutos sur la maintenance et les diverses réparations… Bref, c’est une véritable passion qui les anime !

Certes, il s’agit vraiment d’un marché de niche, mais comment expliquer cet amour pour ces voitures d’un autre âge ? Chaque cas est différent. Bien entendu, il peut y avoir un facteur nostalgique, par exemple si une voiture a été conservée au sein d’une même famille pendant plusieurs générations… Mais il y a aussi et surtout le prix ! Ces voitures coûtent parfois moins cher qu’une banale citadine d’occasion ! Rajoutons également une conduite réellement dépaysante qui donne le grand frisson à des vitesses de scooter, une mécanique facile à comprendre et à entretenir et enfin, bien évidemment, un côté très décalé qui fait passer l’heureux propriétaire, souvent moustachu d’ailleurs, pour un mystérieux original…

Les tendances du marché

Alors bien sûr, il y a quelques voitures qui ont fait les gros titres : on pense notamment à la Talbot-Lago « Goutte d’eau » de 1938 qui s’est récemment vendue à Rétromobile chez Gooding Christie’s pour près de… 7 millions d’euros ! Mais au-delà de ces pièces absolument uniques, nettement plus proches du marché de l’art que du marché de l’automobile, on remarque plusieurs scissions.

L’éligibilité avant tout

Mais qu’est-ce qui fait qu’une voiture d’avant-guerre vaut soudainement son pesant de cacahuètes ? C’est son ticket d’entrée pour le grand monde : l’éligibilité. Si l’auto est acceptée dans des événements historiques de renom, comme le London-Brighton voire Le Mans Classic ou encore Goodwood, sa valeur fait un bond spectaculaire. À ce titre, les véhicules produits avant 1905 sont de véritables pépites d’or, car ils sont effectivement éligibles pour la première course citée !

Une belle histoire, mais souvent mouvementée

Deux autres facteurs maintiennent la cote de ces véhicules : l’authenticité et l’originalité. Les acheteurs ne veulent plus de voitures surrestaurées qui brillent mais qui ont perdu leur âme. Ils veulent de la patine, des traces de vie.

Et ce n’est pas simple à trouver : ces voitures, accusant pas loin de 100 ans (voire davantage), ont connu des vies mouvementées. Cachées, voire démontées durant la guerre pour éviter d’être réquisitionnées par l’envahisseur, elles furent souvent transformées en utilitaires lorsque la paix fut revenue. C’est ainsi que le Paris des années 50 accueillait parfois, le long de ses avenues, des Bugatti, des Delage, voire des Delahaye décrépies, abandonnées, voire découpées pour être transformées en dépanneuses ! Trop chères à faire rouler, trop complexes à entretenir, ces machines n’intéressaient plus personne…

Et puis, vers la fin des Trente Glorieuses, ces vieilles guimbardes revinrent très progressivement à la mode. On s’imaginait revivre le faste d’antan au volant de ces machines, quitte à leur réinventer une histoire en les recarrossant, presque invariablement, en « roadster sport », avec une pointe « Bordino » à l’arrière. Même de nombreux modèles intacts passèrent sous la disqueuse pour satisfaire à cette mode !

Et aujourd’hui ?

Et c’est là tout le paradoxe. Le marché veut des voitures authentiques, qui ont traversé les âges sans modification. Il apprécie également les pièces originales, avec des techniques qui peuvent être considérées comme lunaires aujourd’hui. Pourtant, les voitures fermées, les premières à avoir souffert de ces transformations sauvages, restent toujours délaissées. Aujourd’hui comme hier, on leur préfère des carrosseries ouvertes.

On l’a dit, ce qui relève vraiment de l’exception se vend toujours contre de véritables fortunes. Mais ces voitures sont devenues des pièces statutaires et il y a fort à parier qu’elles ne rouleront (quasiment) plus. Juste un cran en dessous, à savoir les voitures de très haut de gamme qui faisaient encore rêver voici 40 ans, souffrent : les Isotta, Hispano, Delage et Delahaye reculent progressivement. Les plus belles pièces ont pour la plupart migré aux États-Unis, où quelques événements les mettent encore en évidence, mais même chez l’oncle Sam, elles ne profitent plus de l’aura qui les animait jusqu’à la fin du 20e siècle.

Le grand écart au niveau des prix

Remuez tous ces éléments dans un grand bol (la quête d’authenticité, voire d’originalité, la méforme des carrosseries fermées et l’éligibilité) et vous obtenez un cocktail polarisé : globalement, on peut dire que le marché est divisé en deux. Soit on déniche des autos pour trois fois rien car elles sont boudées, soit les prix restent soutenus pour des pièces qui répondent à tous les critères. Ceci est particulièrement vrai pour les voitures des années 20.

Alors, on craque ?

On se laisse pousser la moustache, on enfile des lunettes « aviateur » et on joue de la manivelle ? Certes, les contraintes sont nombreuses : l’entretien de ces voitures est relativement facile, mais d’une extrême exigence, la recherche de pièces est tout un poème, certaines réparations peuvent être très onéreuses et vous irez probablement plus vite en speed-pedelec. Mais ces voitures offrent un dépaysement qui contraste radicalement avec l’automobile électrifiée et aseptisée d’aujourd’hui. Non, les prix ne vont sans doute pas repartir à la hausse, mais dans une optique d’achat-plaisir, c’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

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