43 ans dans une grange, 12 km au compteur : l’incroyable histoire de cette Renault 5 qui valait une fortune

5 часов назад - 25 марта 2026, gocar
Renault 5
Renault 5
L’histoire est surprenante. Celle d’une Renault 5 qui dormait depuis 43 ans dans une grange près de Chalon-sur-Saône. La voiture n’avait que douze kilomètres au compteur et elle était à l’état d’usine.

Estimée 10.000 euros, elle vient d'être adjugée aux enchères à... 64.453 euros. Le marché des Renault populaires tourne-t-il encore rond ? Car cette R5 n’est pas un cas isolé.

En 2025, Raphaël de Serres, chasseur de voitures pour la maison d'enchères Aguttes, force la porte condamnée d'une grange quelque part près de Chalon-sur-Saône. L’endroit est insolite : il y a des cartons partout et l’entrée est barricadée. Et là, dans la pénombre, une Renault 5 TL dort depuis des lustres. Elle arbore une teinte peu répandue dès sa sortie d'usine en 1982, un bleu schiste métallisé. Le compteur affiche seulement douze kilomètres. Dans le coffre, on trouve les plaques définitives, le bon de commande, la facture, les carnets et le double des clés. Il ne manque absolument rien. La découverte est d’autant plus étonnante que la voiture ne présente aucune rouille, aucune corrosion. Il n’y a que quelques traces de moisissures sur certains plastiques. La grange, bien ventilée, a joué le rôle d'un conservatoire parfait.

L'explication de cet état tient en une seule histoire humaine. En 1982, madame M. paie ce véhicule près de 40.000 francs français, soit environ 15.880 euros actualisés, une somme considérable pour une femme aux revenus modestes. La voiture lui est livrée directement à domicile alors qu'elle attend l'obtention de son permis. Elle le passera avec succès, mais la confiance au volant ne viendra jamais. La R5 reste donc immobile jusqu'au décès de sa propriétaire. C'est lors du règlement de la succession que la voiture refait surface, intacte.

Dimanche 15 mars 2026, l'espace Porte de Champerret à Paris accueillait la vente saisonnière d'Aguttes, « Avion & Automobile de collection » avec 116 lots au programme dont une Ferrari 599 GTO estimée à 850.000 euros. La petite Renault, lot numéro 10, est estimée entre 5.000 et 10.000 euros. Mais les enchères s'emballent... et le marteau tombe à 47.000 euros ! Sauf qu’aux enchères, il y a aussi des frais. La note finale pour le nouveau propriétaire s'établit donc à 64.453 euros, soit plus de six fois le haut de la fourchette initiale. La voiture a donc quadruplé de valeur sur quarante ans. Un placement que peu d'actifs conventionnels peuvent revendiquer.

L'acheteur est un collectionneur suisse disposant d'une résidence en France où il réunit un parc hétéroclite : Golf GTI, 205 GTI, Porsche, Ferrari ainsi qu’une Citroën 2CV et une Renault Clio Williams acquises elles aussi avec un kilométrage quasi nul. Selon Gauthier Rossignol d'Aguttes, cet homme, capable d'acheter des voitures à plusieurs millions d'euros, a choisi cette R5 non pour sa valeur marchande, mais pour sa charge émotionnelle. Il la considère comme une capsule spatio-temporelle intégrée à son musée personnel. Pourquoi pas ?

Les voitures populaires décollent

Ce phénomène de (sur)enchère n’est pas isolé et il dépasse le cas de cette R5. Fin janvier 2026, en marge du salon Rétromobile, une Renault 4 « Plein Ciel » de 1968, un cabriolet produit à seulement 600 exemplaires, s'est envolée chez Artcurial à 95.360 euros, soit entre trois et quatre fois son estimation. Les voitures du quotidien d'hier, longtemps ignorées par le marché de la collection suscitent aujourd’hui les passions en raison de la nostalgie qui les entoure, mais aussi de la spéculation. Une bulle passagère ? L’avenir nous le dira.

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